Google plus fort que la presse américaine

9 déc
Avec 20,8 milliards de dollars pour le seul 1er semestre 2012, les revenus que Google tire de la publicité sont désormais supérieurs à ceux (19,2 milliards de dollars selon Covestor) d’une presse américaine dont l’âge d’or semble définitivement derrière elle. Certes la comparaison n’est pas tout-à-fait pertinente – Google réalisait 47 % de son chiffre d’affaires hors des frontières US au 3ème trimestre 2012 et ses activité vont bien au-delà de l’indexation de la presse – mais elle illustre parfaitement les énormes difficultés que rencontre aujourd’hui la presse pour défendre ses positions sur le marché publicitaire, notamment sur les nouveaux supports numériques où les nouveaux géants du Web ont la faveur des agences et des annonceurs. Une situation qui remet en question l’ensemble du modèle économique de la filière et met en péril les plus grands groupes de presse.
 
Internet n’est pas l’unique responsable des problèmes de la presse : sa diffusion en général est en berne et explique partiellement le repli des recettes publicitaires du secteur. L’Audit Bureau of Circulation constatait, entre avril et septembre 2012, une baisse des tirages de 0,2 % aux États-Unis. Le mal n’est pas qu’américain, puisque l’OJD, son équivalent français, estime que la diffusion de la presse grand public en France a baissé de 2,26 % entre 2010 et 2011. Victimes de cette érosion de l’audience, les régies presse ont déjà du mal à maintenir leurs tarifs historiques auprès des annonceurs. Mais le véritable défi, pour elles, résulte bien de l’explosion de la publicité en ligne, vers laquelle les annonceurs transfèrent une part sans cesse croissante de leurs budgets.
 
Ainsi, alors qu’il était à peine balbutiant il y a 10 ans, le marché mondial de la publicité en ligne pèse désormais 76,4 milliards de dollars, selon Zenith Optimedia (2011). Et sur ce marché, un acteur se démarque, avec des recettes chiffrées à 36,5 milliards de dollars en 2011 : Google. Le célèbre moteur de recherche tire en effet 97 % de ses revenus de la publicité, à travers l’exploitation de liens sponsorisés, de son réseau de sites partenaires ou de ses technologies de ciblage. Revenus qui seront donc pour la 1ère fois en 2012 supérieurs à ceux de l’ensemble de la presse américaine.

En 2012, pour la première fois, les revenus publicitaires de Google sont supérieurs à ceux de l'ensemble de la presse américaine

 

Cette situation se traduit aujourd’hui par des tensions de plus en plus prononcées entre Google et de nombreuses associations d’éditeurs au niveau mondial, qui estiment que le géant les dépossède d’une manne publicitaire qui devrait partiellement leur revenir, grâce à l’exploitation sans contrepartie des contenus de la presse. En Allemagne ou en France ont été évoqués des projets de loi visant à faire payer le moteur de recherche pour l’indexation des articles de presse. En face, si Google affirme sa volonté de « travailler avec les éditeurs afin de construire un modèle viable de la presse sur la toile », il n’en déclare pas moins par la voix de son président Eric Schmidt que « [Google] ne paiera pas pour des contenus qu’[il] n’héberge pas. Nous sommes très clairs là-dessus ».
 
Que la presse soit privée par Google de revenus qui devraient légitimement lui revenir n’est pas une certitude – certains éditeurs eux-mêmes n’en sont pas convaincus. Mais ses attaques contre la firme de Moutain View se font d’autant plus pressantes qu’il devient urgent pour elle de trouver de nouvelles sources de revenus : entre 2004 et 2011, les journaux américains et la presse française ont respectivement vu fondre leur revenus publicitaires de 55 % et 25 %. Sur la même période, le chiffre d’affaires de Google était multiplié par 12…

Une Réponse à “Google plus fort que la presse américaine”

  1. lisedebeufhansconings décembre 9, 2012 à 10:51   #

    Selon moi, les médias tradionelles doivent se réorienter. Maintenant, ils se concentrent trop sur la presse écrite, et ils ignorent des avantages des applications en ligne. Il existe une grande marché pour les annonceurs dans le contenu en ligne. Pourquoi est-ce que les médias traditionnels ne peuvent pas exploiter cette marché comme les autres fournisseurs en ligne?

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